Cette fin d’année 2023 a été l’occasion pour l’Union internationale des télécommunications (UIT) de ressortir son indice de développement des TIC, qu’elle n’avait plus publié depuis 2017. Cela fait suite à la tenue, à l’automne 2022, de sa 21ème Conférence de plénipotentiaires (PP-22) à Bucarest, où avait également été décidée l’adoption d’une méthodologie différente par rapport audit indice, avec un souci de données et qualité revigoré.

Pour le Maroc, c’est bien évidemment intéressant car cela permet de savoir comment il s’en sort globalement, surtout par rapport aux pays de son environnement arabe. Et la conclusion générale est qu’il s’en tire plutôt à bon compte, même s’il est évident qu’il y a encore du chemin à faire pour qu’il puisse se hisser au plus haut du peloton.

Eu égard à son score, le Maroc réalise 85,1 sur 100, ce qui est plutôt bon en comparaison avec ce que l’on peut trouver mondialement parlant (avec une moyenne internationale de 72,8). Cela le classe au sixième rang arabe, seulement derrière les six pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) que sont le Koweït (98,2), le Qatar (97,3), Bahreïn (96,5), les Émirats arabes unis (96,4), l’Arabie saoudite (94,9) et Oman (90,5) et qui, ont le sait aussi, sont beaucoup mieux outillés matériellement pour se trouver une place au soleil.

PaysIndice de développement des TIC
Koweït98,2
Qatar97,3
Bahreïn96,5
Émirats arabes unis96,4
Arabie saoudite94,9
Oman90,5
Maroc85,1
Libye79,4
Jordanie78,5
Algérie77,8
Liban76,1
Égypte75,8
Tunisie75,4
Moyenne arabe74,5
Irak69,5
Palestine67,3
Djibouti63,6
Mauritanie53,7
Syrie49,6
Comores43,5
Somalie21,4

Sur le plan de la couverture mobile 3G et 4G LTE, le Maroc arrive pourtant à leur tenir la dragée (presque) haute. Il réalise respectivement un pourcentage de 99,3 et de 99,1 (là où l’Arabie saoudite, Bahreïn et le Koweït sont à 100% sur ces deux indicateurs, alors que les Émirats et le Qatar sont à 0,2 point près – 99,8% – d’atteindre une couverture totale).

PaysPopulation couverte par au moins un réseau mobile 3GPopulation couverte par au moins un réseau mobile 4G/LTE
Algérie98,2%79,9%
Arabie saoudite100%100%
Bahreïn100%100%
Comores87%85%
Djibouti90%90%
Égypte99,5%98%
Émirats100%99,8%
Iraq96,9%95,9%
Jordanie99,8%99%
Koweït100%100%
Liban99,6%99,2%
Libye72%40%
Maroc99,3%99,1%
Mauritanie43,7%34,7%
Oman100%97,8%
Palestine59%0%
Qatar100%99,8%
Somalie70%30%
Syrie97%42%
Tunisie99%95%
Moyenne arabe90,6%79,2%

Ceci dit, sur des indicateurs comme le pourcentage d’individus utilisant Internet (88,1%), le Maroc reste en deçà par rapport au niveau où il devrait être, normalement. Il se trouve même dépassé, sur le pourcentage de foyers ayant accès à Internet à domicile (où il en est à 86,2%), par la Palestine (87,6%).

PaysPourcentage d’individus utilisant InternetPourcentage de foyers ayant accès à Internet à domicile
Algérie66,2%78,3%
Arabie saoudite100%100%
Bahreïn100%100%
Djibouti64%65,9%
Égypte71,9%73%
Émirats100%99,6%
Iraq65%79,8%
Jordanie86%90,1%
Koweït99,7%99,4%
Liban87,9%75,8%
Libye84,3%Non disponible
Maroc88,1%86,2%
Mauritanie43,8%Non disponible
Oman95,2%94,4%
Palestine81,8%87,6%
Qatar99,7%95%
Somalie19,9%11,9%
Tunisie71,9%55,5%
Moyenne arabe79,2%80,8%

La chose pourrait éventuellement s’expliquer par la cherté de l’Internet. S’en sortant, certes, mieux que la moyenne arabe, il se classe neuvième dans la région par rapport au prix du panier pour l’Internet haut débit fixe (4,2% du revenu national brut), et même douzième sur celui du panier de consommation élevée de données mobiles et voix (2,3% du revenu national brut).

PaysPrix du panier de consommation élevée de données mobiles et voix (% du RNB par habitant)Prix du panier pour l’Internet haut débit fixe (% du RNB par habitant)
Algérie2,9%4,7%
Arabie saoudite1,4%3,6%
Bahreïn1,4%2,4%
Comores14,3%29,6%
Djibouti10,1%8,6%
Égypte1,9%3%
Émirats0,9%0,6%
Iraq5%Non disponible
Jordanie4,2%11%
Koweït0,8%1,6%
Liban11,1%1,9%
Libye6,2%4,5
Maroc2,3%4,2%
Mauritanie9%19,1%
Oman1,8%3,5%
Palestine6,3%7,8%
Qatar0,4%2,2%
Somalie19,4%38,7%
Syrie11,1%1,5%
Tunisie1,8%3,1%
Moyenne arabe5,6%8%

On peut ainsi voir qu’il y a une claire corrélation entre le prix d’Internet dans un pays et le taux de la population qui y accès. Ce qui devrait, en principe, pousser les autorités des pays arabes, et notamment celles du Maroc, à essayer d’en prendre de la graine.